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Qalqilya
est une ville palestinienne agricole
de Cisjordanie, avancée comme
un promontoire dans la plaine de Tel-Aviv,
et qui compte environ 45.000 habitants.
Sur tout son périmètre
de 11km, la ville est totalement entourée
depuis 2003 par un mur de béton
de 8 m. de hauteur surmonté
de 4 miradors, sur 2km de longueur,
ou par une barrière de séparation
de 60 m. de large, sur 8km de longueur,
ou par des rouleaux de barbelés
sur 1km de longueur. Une seule route,
contrôlée par un check-point
tenu par une demi-douzaine de gardes-frontières
de l’armée d'occupation
israélienne, constitue le seul
point d’accès.
Qalqilya
est très proche de la mer (12
km à vol d’oiseau, mais
qui reste inaccessible), et se situe
le long d’une partie de la ligne
verte (qui constitue la ligne de cessez-le
feu entre Israël et la Cisjordanie
depuis 1949), et non loin de l'axe
routier israélien n°6 qui
relie Nazareth au Nord à Beersheba
au Sud.
Elle est établie sur un emplacement
occupé par l'homme depuis la
préhistoire. La ville est attestée
à l'époque romaine sous
le nom de Kalkaliya.
En
1948, après la défaite
arabe, la ville vit affluer des milliers
de réfugiés palestiniens
qui s'installèrent dans un
quartier de la ville (ils sont appelés
« ceux de Kufre Saba et d'Arab
Abu Kishek »). Qalqilya ne vit
jamais la création d'un camp
de réfugiés car ceux-ci
furent intégrés dans
la ville en échange d'un soutien
de l'UNRWA. Lorsque l'État
d'Israël fut créé,
la municipalité de Qalqilya
se vit amputée de 80% de ses
terres agricoles, qui se sont retrouvées
de l'autre côté de la
ligne d'armistice de 1949. Entre 1949
et 1967, la ville, comme le reste
de la Cisjordanie, passa sous souveraineté
jordanienne. Les agriculteurs de la
ville essayaient régulièrement
de passer de l'autre côté
de la frontière pour travailler
leurs terres annexées. Pour
punir ces infiltrations, l'armée
israélienne attaqua Qalqilya
à plusieurs reprises et détruisit
de nombreux puits artésiens.
Il
existe des versions différentes
sur la très importante destruction
que subit la ville en 1967.
Suivant l’article de Terence
Smith, dans le “New York Times”
du 23 juin 1967, page 13, «
des responsables de l’armée
israélienne ont reconnu [ce
22 juin] que 40% des constructions
de la ville ont été
détruites, mais en insistant
sur le fait que les dommages ont été
provoqués par des bombardements
durant la guerre [du 6 au 10 juin
1967] ».
Suivant l’historien israélien
Ilan Pappé, dans son ouvrage
« History of Modern Palestine
: One Land, Two Peoples » (Cambridge
University Press, 2003), la destruction
totale de la ville aurait été
ordonnée en juillet 1967 par
Moshe Dayan, alors Ministre de la
défense, en guise de punition
pour la résistance armée
de ses habitants. 50% des habitations
ont été démolies
au cours de cette opération.
Suite
à des pressions diplomatiques,
la destruction totale de la ville
n’a pas eu lieu.
Depuis
la guerre de 1967, la ville est occupée
par Israël, comme le reste de
la Cisjordanie, et après les
accords d'Oslo, la ville est passée
sous la juridiction de l'Autorité
palestinienne (« zone A »).
En dépit de ces accords, et
surtout depuis le déclenchement
de la seconde Intifada en 2000, les
forces armées israéliennes
entrent régulièrement
à Qalqilya, souvent pour le
motif de procéder à
des arrestations. |
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Jusqu'en
1995, près de 80% cent
de la population active de Qalqilya
travaillait dans le secteur
agricole ou de la construction
(pour des entreprises israéliennes
e.a.). Les autres 20% de la
population active vivaient du
commerce entre Israël et
les territoires occupés.
Entre 1967 et 2003, les habitants
d Qalqilya ont vécu à
peu près correctement
: la ville était une
rare oasis de coexistence où
les israéliens venaient
acheter des fruits, manger dans
les restaurants, se faire soigner,
faire réparer leurs véhicules,
acheter du mobilier, et visiter
le zoo. Plus de 40 entreprises
commerciales israélo-palestiniennes
ont été fondées
dans la ville. Presque tous
les habitants parlaient l'hébreu
et voyaient les israéliens
comme leurs voisins, et pas
leurs ennemis (voir
l’interview de Mr Marouf
Zahran au “Guardian”
du 23 février 2004).Depuis
2003, les activités commerciales
se sont effondrées, à
la suite de la construction
du mur/barrière qui a
rendu Qalqilya très difficile
d'accès. On estime que
75% des citoyens n’ont
pas d’emploi.
Les conditions pour accéder
aux terres agricoles situées
de l'autre côté
du mur/barrière sont
devenues excessivement difficiles
voire impossibles pour les agriculteurs
de Qalqilya qui doivent demander
des permis limités dans
le temps, accordés de
manière aléatoire
et parcimonieuse, et parfois
pour des palestiniens résidant
à l’étranger,
pour des jeunes enfants ou des
personnes âgées...
Selon le Palestinian Negotiations
Affairs Department (NAD), 45
% des terres cultivées
palestiniennes (comprenant une
partie des plus fertiles) et
un tiers des puits d'eau de
la ville, se retrouvent désormais
à l'extérieur
de la barrière. Pour
les ressources en eau, notamment
les puits, qui sont encore accessibles
par les agriculteurs de Qalqilya,
les autorités d’occupation
israéliennes ont imposé
aux agriculteurs un contingentement
drastique, insuffisant pour
pourvoir cultiver correctement
ce qui restes de terrains agricoles
à l’intérieur
du mur/barrière. Les
pénalités en cas
de dépassement du contingentement
vont de lourdes amendes à
la fermeture des puits.
Enfin, pratiquement plus personne
à Qalqilya ne trouve
d'emploi en Israël.
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Au
nord de la ville, de l'autre
cote des barbelés, route
militaire et mur, et l'une des
colonies israéliennes
implantées sur les terres
de la ville, annexées
"de facto" par l'Etat
israélien. |
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